Ce silence m'oppressait. Je finissais de remplir mon sac lorsque je m'aperçus que j'avais été particulièrement lente et qu'il était déjà huit heures moins quart.
_ merde dis-je entre mes dents.
Le vent était cruel se matin. La chance avait décidé de me faire la tête .
A moins de courir, ce que je ne pouvais pas faire pour plusieurs raisons toutes plus bêtes les unes que les autres, je n'arriverais jamais a l'heure. Résignée, mentalement préparée a recevoir des réprobations le soir même, je n'assumais toutefois pas d'avoir a m'expliquer auprès de Cathy Amélie et Jude qui ne manquerait pas de m'envoyer quelques pique mesquine bien " qu'amicale ".
Tout dans cette ville me parut soudainement horriblement désagréable. Le fumeur au coin de la rue, l'ouvrier en bord de route, le goudron sous mes pieds, mes écouteurs qui n'arrêtaient pas de tomber.
La rue ,déjà grande, me parut deux fois plus longue a parcourir. Lorsque j'arrivais au bout, mon c½ur battait fort et je réprimais chaque seconde une grimace d'agacement en sentant mes poumons s' emballés.
Un regard a ma montre.
Moins sept.
Je continuais d'avancer en pestant intérieurement lorsque le mouvement d'air caractéristique d'un cycliste attira mon attention. Juste a côté de moi, un type que je ne connaissais pas le moins du monde était perché sur un vélo de marque et m'observait sans détour. Un comportement qui n'était pas du tout coutumier aux jeunes gens de la ville. Ici on s'observait en cachette et lorsque deux inconnus se regardaient en face ce n'était que pour des injures ou des provocations.
Enfin... c'était ce que j'étais en mesure de me dire vu la situation.
Le jeune homme sourit, et je fus immédiatement subjugué par la beauté de son visage; avant même d'observer sa silhouette tout aussi originale, je détaillais l'élégance de ses traits, la façon dont ses pommettes valorisaient son sourire d'une blancheure éclatante. Mais ce qui m'attirait le plus était sans aucun doute son regard.
Pour la première fois de ma vie, je rencontrais un héros de romans
C'était tout ce qu'il pouvait être !
J'étais sûr d'avoir lu sa description quelque part...
Un beau jeune homme a qui la nature n'avait offert que des cadeaux. En commençant par un visage au dessins finement travaillé ressemblant étrangement a l'image que j'avais des elfes. Sans pour autant s'éloigner d'un évident statut de Lycéen. Grand, au moins autant que moi, peut être plus. Le fait qu'il soit assit m'empêchais d'examiner avec précision sa silhouette. Élancé plutôt que trop musclé ou que trop mince. Des cheveux soignés voir soyeux d'un brun naturel et artificiel à la fois dans la mesure ou les mannequins à la télé avaient le même genre de chevelure éclatante. Une peau hâlée, pile ce qu'il faut pour que je sache qu'il n'était ni maghrébin ni anglais ni Allemand ni même Européen...
Autrement dit, suffisamment pour que je sache que ce garçon n'était pas d'ici.
Et "ici " ne se résumait par a la rue. Ni même a la ville.
Mes certitudes vacillèrent. Elles furent remplacées par d'autres lorsqu'il m'adressa la parole. De nouvelles convictions immiscées en moi par mon irrépressible imagination.
_Je t'emmène ? Proposa t il simplement